La pédagogie du plaisir et de la bienveillance

Les neurosciences affectives ont démontré qu’un climat bienveillant, affectif et sécurisant est nécessaire au développement de zones du cerveau cruciales pour l’apprentissage et le développement de la personnalité.

En effet, l’environnement affectif (c’est-à- dire la sécurité, la confiance, la douceur et l’empathie) est le terreau qui conditionne tout le potentiel de croissance du cerveau. C’est une condition fondamentale au développement de celui-ci.

La pédagogie du plaisir et de la bienveillance

Elever un enfant c’est avant tout lui transmettre des valeurs, de la joie de vivre, de la créativité. Sans cela, on en fait des êtres tristes dont la curiosité naturelle à été éteinte par les adultes. La réforme de l’école à mener n’est pas une question de contenus, mais doit porter sur la manière dont on suscite l’entrée de l’enfant dans les apprentissages. Lui révéler que cette entrée est joyeuse, pleine de sens, de découvertes, que cette entrée est amoureuse, lui révéler qu’elle est basée sur l’amour inconditionnelle de sa personne.

 

On sait qu’un enfant évoluant dans un environnement affectif sain et maternant (ce qui ne veut pas dire faire à la place de l’enfant mais l’accompagner avec douceur et bienveillance) deviendra calme, entreprenant, capable de surmonter les obstacles, capable d’apprendre et de mémoriser facilement.

 

De plus, il faut être conscient que la construction de l’enfant se fait grâce à un cerveau malléable en pleine formation. Ceci implique que toutes les expériences, positives et négatives, sont enregistrées dans de nouveaux circuits neuronaux. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour que les expériences collectives et personnelles s’inscrivent dans un principe de plaisir et de désir pour l’enfant.

 

D’autre part, le développement individuel profond est la clé du développement social durable. L’être humain est avant tout un être social, un être d’interactions dont la survie et le bien-être sont intimement liés aux autres. Ainsi, nous faisons en sorte que chacun puisse laisser libre-court à l’expression de ses talents, de ses passions, afin de se sentir pleinement vivant parce que reconnu par le groupe dans ce qui fait sa singularité.

L’empathie consiste à comprendre les intentions de l’autre d’une part, et à sentir, à partager les sentiments d’autrui d’autre part.

 

Ce sont les RELATIONS que l’on a avec un enfant qui vont modifier sa façon d’être (et donc aussi sa façon d’être face aux apprentissages et dans la société). Toute expérience émotionnelle transforme en profondeur le cerveau de l’enfant car celui-ci est très fragile, très malléable. Toute expérience ce qui signifie que les expériences positives vécues par l’enfant vont modifier son cerveau mais aussi les expériences négatives. Ainsi, tout notre personnel œuvre auprès des enfants avec cette ligne de conduite qui devrait être universelle : être empathique tout le temps et en toutes circonstances, afin que nos élèves vivent et développent eux-mêmes un maximum de relations empathiques.

 

Il est à noter que l’empathie est contraire à la compétition, à la concurrence. C’est pourquoi, à l’Ecole Active, nous proposons un système sans notes et sans classement. A la place, nous mettons en place un cahier des Savoirs propre à chaque enfant. Il s’agit là d’un système extrêmement positif où ne sont pointés que les réussites et les progrès personnels de l’élève, non pas par rapport à une norme mais par rapport à lui-même. Le cercle vertueux que ce système engendre permet à chacun d’atteindre les objectifs fixés en fin de scolarité mais à son propre rythme et libéré de toute comparaison avec autrui, contrairement à l’évaluation standardisée qui vient sanctionner les apprentissages et engage les enfants dans un climat permanent de stress, de peur de l’échec, de jugement et de comparaison les uns aux autres.

Lorsqu’un enfant n’est pas entendu, n’est pas respecté, il se renferme. Il devient colérique et agresssif. Il oscille alors entre des phases de soumission à l’adulte et de révolte. Ainsi, les relations conflictuelles avec un enfant sont dues à un manque d’empathie de l’adulte et à un manque d’échanges affectueux.

Le stress chez l’enfant peut être à l’origine de troubles du comportement, parfois même de déficits cognitifs. En effet, le stress est délétère pour le cerveau de l’enfant dans la mesure où il interfère sur la croissance neuronale et la plasticité cérébrale (la capacité du cerveau à remodeler ses connexions en fonction de l'environnement et des expériences vécues par l'individu). Un adulte souvent anxieux ou dépressif est très souvent un enfant qui n’a pas été assez consolé quand il était petit (ex : un bébé qu’on a laissé pleuré).

 

Il faut avoir à l’esprit qu’un jeune enfant qui pleure exprime une véritable détresse qu’il ne peut absolument pas maitriser seul. Lorsqu’un enfant fait une crise ou quand il pleure parce qu’il s’est disputé avec un copain, il sécrète du cortisol qui a la particularité de détruire des cellules dans une zone du cerveau très importante : le cortex préfrontal. Le cortex préfrontal est la partie du cerveau qui sert à planifier et coordonner les tâches, l’aire préfrontale nous permet d’aller voir le contenu de notre mémoire et de nos pensées pour gérer nos activités. C’est aussi la partie du cerveau qui va nous permettre de prendre le temps d’examiner la situation à laquelle nous sommes soumis et de comprendre ce qui l’a déclenchée pour ajuster nos sentiments et nos émotions.

 

Les adultes de l’Ecole Active ont donc un rôle primordial dans l’accompagnement et la verbalisation des émotions des enfants afin qu’ils les apprivoisent petit à petit pour devenir des adultes sereins.

 

Il est important d’avoir à l’esprit que ne pas consoler un enfant rend le système sympathique (une partie du cerveau) hyperactif. Cela engendre chez l’enfant des infections plus fréquentes, des troubles de la respiration, de l’appétit, de la digestion, du sommeil, des crises de panique, des maux de tête et une fatigue chronique. Tandis que consoler un enfant active le système parasympthique (une partie du cerveau) qui va permettre de réguler les émotions. De cette façon, le rythme cardiaque, la respiration, le système digestif et le système immunitaire retrouvent leur équilibre.

L’éducation par la peur et la surprotection est très nocive. Dire à un enfant : « Ne le fais pas, c’est dangereux ! » ou « Laisse, je vais le faire à ta place », c’est freiner son envie de vivre et la confiance qu’il a en lui. Cela le stresse et le rend craintif. A l’Ecole Active, pour apprendre aux enfants à prendre des risques maîtrisés tout en développant la confiance en eux et en entretenant leur envie de vivre, nous adoptons les deux stratégies suivantes :

 

- Accompagner l’enfant dans son projet d’action avec bienveillance en lui montrant comment sécuriser sa prise de risques et en le félicitant lorsqu’il est parvenu au terme de ce qu’il était en mesure de faire (même s’il n’est pas allé au bout).

- Eloigner l’enfant du danger lorsqu’il s’agit d’une mesure de sécurité non négociable en lui expliquant pourquoi. On lui propose alors tout de suite une nouvelle source d’intérêt afin qu’il se remette vite de sa frustration.

 

Nous donnons toujours les limites avec empathie et douceur. Nous veillons aussi à ce que l’enfant apprenne à se remettre vite de ses frustrations en s’adaptant à la situation ou en sachant trouver de nouvelles sources d’intérêt car savoir se remettre d’une déception, d’une frustration, est un des secrets du bonheur.


Conférence du Docteur Gueguen qui milite pour une éducation bienveillante, « Les neurosciences et le développement de l’Enfant » :


https://www.youtube.com/watch?v=DvcJtn7ZCfU