Portrait et inspirations de la fondatrice

Enseignante titulaire de l’Education Nationale française, j’ai décidé d’essayer de faire bouger le système parce que je crois profondément qu’en faisant autrement, l’école peut être plus profitable à nos enfants et donc à la société.

 

Je pensais qu’en devenant enseignante j’allais découvrir en intégrant le monde des possibles et des moyens incroyables pour élever (rendre meilleur) les enfants qui seront les adultes de demain. Pendant mes études, j’ai rencontré des gens formidables qui me transmettaient leur savoir pour élever les enfants qui me seraient confiés. Et puis, un matin de septembre ensoleillé, j’ai intégré ma première école, j’ai pris mon premier poste dans une classe de moyenne section. J’étais heureuse d’aller enfin à la rencontre des enfants.

 

Mais là, ce fût un choc : tout ce que j’avais construit et imaginé pendant toutes ces années n’était qu’un leurre. Non seulement, nous -les enseignants- n’avions que peu de moyens pour changer les choses mais surtout je ne pouvais pas mettre en œuvre ce en quoi je croyais et dont on m’avait convaincu que c’était la voie à suivre. Pourquoi me direz-vous ? Parce que l’on s’épuise très vite face au manque de moyens matériels et humains, face aussi à une institution souvent frileuse lorsqu’il s’agit de sortir des sentiers battus.

 

Et pourtant, pour les avoir côtoyés, je peux vous assurer que chaque enseignant essaie d’apporter ce qu’il pense être le plus juste pour les élèves qui lui sont confiés. Toutefois, j’ai refusé de me résigner et j’ai continué dans les classes qui m’étaient confiées le chemin vers une autre voie. J’ai aussi fait des rencontres extraordinaires qui m’ont permis de continuer à évoluer et à changer mes pratiques pour me rapprocher toujours un peu plus des besoins naturels de l’enfant et de la notion de plaisir d’apprendre.

 

Au sein de la petite communauté qu’était ma classe, je pouvais observer chaque année en changeant quelques petites choses, dans un cadre pourtant rigide, que l’on pouvait réussir et emprunter une autre voie qui rendait les enfants heureux d’apprendre, épanouis et qui les élevaient. Je n’ai jamais perdu foie en les prédispositions incroyables dont sont dotés les enfants et j’observais que ce dont on m’avait parlé, ce que je lisais, était vrai : une autre école était possible. J’ai poursuivi ce combat jusqu’en juin 2017 au sein de l’Education Nationale Française avec toujours la même force et la même conviction qu’il fallait faire bouger le système.

 

Penser l’école autrement ne se fait pas en quelques semaines ou quelques mois, on ne décrète pas un matin vouloir changer l’école. C’est un processus de transformation profond de ce que l’on est à l’intérieur, un changement que l’on mène d’abord en nous-mêmes avant de le proposer aux autres. Cela m’a pris plusieurs années pour décortiquer les ouvrages de nombreux auteurs et aller à la rencontre de professionnels passionnants, mais aussi pour essayer dans les classes où j’ai enseigné. Cette démarche nécessite de s’ouvrir à des pensées différentes, à une vision de l’Homme et de l’enfant autre pour déconstruire ses croyances, ses conditionnements, faire siennes des idées nouvelles et débuter la transformation de son comportement en luttant au départ contre ses habitudes très ancrées parce que ce sont les modèles qui nous ont construits. C’est donc une investigation personnelle de longue haleine qui m’a permis d’imaginer ensuite un projet différent.

 

Je tiens à dire que les choses ne sont jamais figées et que la pensée doit continuer d’évoluer au rythme des découvertes que l’on fait sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant, des expérimentations réussies menées par de nombreux pédagogues et des nouveaux enjeux pour notre société.

 

Je veux aussi affirmer qu’il ne s’agit pas ici de défendre un courant pédagogique en particulier car je crois que vouloir appliquer un modèle unique est toujours trop restrictif. Beaucoup de gens se sont posés les bonnes questions depuis 150 ans sur la façon dont on devait accompagner le développement de l’enfant et y ont apporté des réponses multiples. Toutes ses réponses sont valables parce qu’elles répondent toutes à une observation singulière faite par le pédagogue qui l’a mise en place et surtout ces réponses pédagogiques correspondent à un contexte précis. Lorsqu’on analyse ces courants pédagogiques on s’aperçoit que chacun d’entre eux apporte une partie de la réponse aux questions posées par la spécificité de notre époque actuelle mais aussi pour le contexte dans lequel évoluent nos enfants.

 

Soyons donc ouvert au champ des possibles et sachons tirer partie des grands penseurs de l’éducation à partir du moment où leurs propositions pédagogiques respectent les lois naturelles de l’enfant, favorisent son épanouissement et mettent en lumière les liens extraordinaires et nécessaires entre les hommes.

 

L’Ecole Active est donc la synthèse de grands chercheurs, de grands pédagogues, de grands penseurs pour imaginer un système différent mais avec une ligne directrice non négociable : mettre au cœur de l’école la reliance et les lois naturelles de l’enfant.

Mes inspirations :

  • Ken Robinson
  • Céline Alvarez
  • Peter Gray
  • Le docteur Gueguen
  • Sophie Rabhi
  • Idriss Aberkane
  • Boris Cyrulnik
  • Stanislas Dehaene
  • Loris Malaguzzi et le courant philosophique Reggio
  • Célestin Freinet
  • Sylvain Connac
  • Maria Montessori
  • Les fondateurs de l’école de Sudbury Valley
  • Françoise et Catherine Dolto
  • Des enseignants formidables dont j’ai croisé la route et qui m’ont fait réfléchir, douter, redonner aussi foi en ce que je faisais lorsque les périodes de découragement arrivaient.

Portrait et inspirations de la fondatrice